Archives pour la catégorie C’est dans l’air

Sécheresse en Californie : les scientifiques américains s’écharpent sur les causes

La pire sécheresse que la Californie ait connue depuis 1 200 ans, a t-elle des causes naturelles ou humaines ?

Le débat peut paraître étonnant, quand on veut bien reconnaître que les activités humaines engendrent des conséquences naturelles. Il traverse pourtant toute la presse américaine, au gré des études scientifiques contradictoires, qui paraissent presque chaque semaine.phénomène de sécheresse en californie

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L’agriculture, aussi victime des pollutions

On a souvent tendance à associer agriculture productiviste et rendement économique. En réalité,  l’agriculture intensive produit également des pollutions qui la menacent directement.

pollution de l'eau et agricultureAu cours d’un colloque organisé à la chambre d’agriculteurs en Alsace,  le directeur de l’Association pour la surveillance et la protection de l’air en Alsace, a ébauché un chiffrage économique des pertes engendrées par leurs propres pollutions.

Rapporté par le journal L’Alsace, il a estimé que les polluants générés par les agriculteurs (ozone, dioxyde de soufre, particules fines) engendraient des pertes qui s’élèvent à près de 800 millions d’euros pour les agriculteurs. « Pour les espèces les plus sensibles, les rendements peuvent chuter de 20 % » expliquait Joseph Kleinpeter, le directeur de l’Aspa.

Même si les agriculteurs ne sont pas les seuls responsables de la pollution, leur contribution reste majeure : ils émettent 30% des particules fines (type PM10) en Alsace, ainsi que 97% des émissions de méthane et d’ammoniac. Des pollutions qui nourrissent également le réchauffement climatique.  

Car au delà des pollutions directes, c’est bien le dérèglement climatique qui pourrait sérieusement menacer notre agriculture, voire notre chaîne alimentaire. Un rapport d’une ONG basée en Argentine, prévoyait ainsi qu’une hausse de 2,4 degrés de la température du globe, diminuerait de 10% les rendements des cultures de blé en France, en Italie et en Espagne. On estime qu’une telle hausse de la température se profile d’ici 2050.

Un autre facteur, souvent oublié,  concerne la dégradation des sols liés à l’usage de phytosanitaires. A force d’abuser des pesticides, on  a presqu’oublié que les insectes ne sont pas tous des parasites créés pour endommager les cultures. Il existe de nombreuses espèces d’insectes massivement détruites par les pesticides, alors qu’elles jouent un naturellement rôle essentiel dans la fertilité des terres, comme le rappelle un très bon article du Monde. Ainsi des papillons, dont la population a diminué de moitié en 20 ans ou des abeilles,  dont le déclin ont atteint 17% et 22% en 2010 et 2011. Or ces espèces jouent un rôle de pollinisation majeur pour l’écosystème.

Même scénario pour les lombrics ou une les invertébrés terrestres, voire même pour les microbes, qui nourrissent la formation des sols et le cycle des nutriments.

Sous prétexte d’augmenter les rendements, les produits phytosanitaires anéantissent massivement des espèces essentielles pour la fertilité des terres. Des services écologiques que ces espèces rendaient gratuitement, contrairement aux vendeurs d’engrais et de pesticides.

En résume, entre appauvrissement,  contamination des sols et réchauffement climatique, l’agriculture est en train de creuser son propre tombeau.

 

Quand la pluie dégrade l’eau potable

On croit souvent que les fortes pluies viennent purifier l’environnement. En réalité, le bon sens paysan n’a plus cours dans les régions agricoles : les  fortes averses, par un phénomène de lessivage, drainent les polluants stockés dans nos sols.

Dans un article intitulé « Fortes pluies : attention à la pollution de l’eau potable », la chaîne météo met en garde contre les pollutions bactériologiques générées par les précipitations dans certaines régions. « Le ruissellement s’accélère et entraîne dans la nappe et dans les rivières de nombreux éléments du sol : matière organique, divers dépôts d’origine naturelle, agricole et ou industrielle » expliquent les experts météos.

pluie et pollution de l'eau potable Ces  substances s’accumulent et s’infiltrent dans les nappes phréatiques, augmentant la turbidité de l’eau, ce qui favorise la prolifération de microbes dans l’eau. Plusieurs études ont en effet établi un lien entre la turbidité de l’eau et les épidémies de gastro-entérites. En décembre dernier, de fortes pluies ont provoqué une pollution de l’eau courante, entraînant des dizaines de cas de gastro-entérites dans les Pyrénées orientales. En Saône et Loire, le même phénomène a touché un petit hameau où une trentaine de personnes ont subi une contamination microbienne.

Au delà des épidémies localisées, on estime que 10% des gastro-entérites seraient liées à des contaminations bactériologiques de l’eau courante. On reconnaît une eau présentant une forte turbidité à sa couleur : l’eau devient trouble voire marron à la sortie du robinet, et présente un goût terreux ou de détergent.

Pour autant, si les contaminations bactériologiques sont très ponctuelles, des pollutions plus chroniques peuvent affecter la qualité de l’eau, que ce soit dans les régions agricoles ou industrielles.

Méfaits de l’agriculture intensive

Phénomène bien connu de la région Centre, le lessivage des sols provoqué par de fortes pluies peut contaminer notre eau en polluants agricoles. Les eaux de pluies viennent drainer les pesticides et nitrates accumulés, avant de s’infiltrer dans l’aquifère. Si l’on en croit la Nouvelle république du Centre, le phénomène est récurrent dans cette région, souvent épinglée par l’Agence régionale de santé pour la mauvaise qualité de son eau du robinet. Ainsi dans le Loir et Cher en 2013, cinq unités délivraient une eau non conforme en matière de pesticides, et 17 autres fournissaient une eau qui ne respectait pas les normes en matière bactériologique.

Même scénario en Haute Normandie, à la fin de l’année 2014, un rapport de l’Agence régionale de Santé pointait du doigt, la mauvaise qualité de l’eau distribuée. Dans la région, les excès d’engrais restent stockés dans les terres, avant d’être drainés par les pluies dans les cours d’eau ou les formations aquifères.  Résultat : 23 500 habitants ont été alimentés par une eau qui ne respectait pas les normes de conformité en matière de teneurs en nitrates.

Ce qui illustre finalement, une autre intuition du bon sens paysan : ce qui se trouve dans nos sols, finit toujours par se retrouver dans notre eau. Une évidence visiblement refoulée de la mémoire paysanne, par des années d’agriculture intensive.

 Voire le phénomène de dégradation des eaux  de pluie en en vidéo :

Le vrai impact des particules fines sur notre santé

On savait que les particules fines affectaient directement les personnes atteintes de troubles respiratoires et sur les nouveaux nés. L’institut de veille sanitaire, vient également de mesurer l’impact sanitaire d’une partie de ces particules fines, les PM10 qui sont issues des moteurs à gas-oil et des feux de cheminées. Lire la suite