Sécheresse en Californie : les scientifiques américains s’écharpent sur les causes

La pire sécheresse que la Californie ait connue depuis 1 200 ans, a t-elle des causes naturelles ou humaines ?

Le débat peut paraître étonnant, quand on veut bien reconnaître que les activités humaines engendrent des conséquences naturelles. Il traverse pourtant toute la presse américaine, au gré des études scientifiques contradictoires, qui paraissent presque chaque semaine.phénomène de sécheresse en californie

Il existe un consensus sur les raisons directes de la sécheresse, comme nous avions commencé à l’expliquer, il y a quelques mois.  Un réchauffement de l’Océan Pacifique augmente la création de « crêtes d’air à haute pression » dans l’atmosphère. Ce qui va alors former un « barrage » naturel, repoussant les tempêtes et courants d’air humide qui irriguaient jusqu’alors la Californie.

Pour le très officiel National Oceanic and Atmospheric Administration, ce phénomène n’a rien à voir avec le déréglement climatique. La sécheresse historique et persistante actuelle n’aurait pas de lien avec les activités humaines. En d’autres thermes, « La sécheresse est conforme à ce qui peut arriver à la variabilité naturelle » résume, Richard Seager, auteur de l’étude et professeur de l’Université Columbia. Pour ces chercheurs,  qui s’appuient sur de nombreux épisodes météorologiques comparables survenus depuis le 19ème siècle, le réchauffement climatique ne jouerait qu’un rôle très marginal.

Un diagnostic que conteste, Michael Mann, météorologue à l’université de Pennsylvanie State. Sur le Huffington Post, il note passant d’abord que ce rapport officiel ne peut pas être considéré « comme une étude scientifique, puisqu’il n’a pas fait l’objet d’évaluation par ses pairs. »

Avant de mener une attaque en trois mouvements contre son confrère : 1/ plusieurs études ont montré un lien entre réchauffement climatique et hausse de la température du Pacifique. 2/ plusieurs études montrent que la fonte des glaces nourrit également les courants atmosphériques à l’origine de la sécheresse californienne, 3/ il reproche aux auteurs de laisser de côté les records de chaleur, qu’il attribue également au dérèglement climatique.

En prenant un peu de distance sur la polémique, le New York Times rappelle que lorsqu’il s’agit d’expliquer la sécheresse qui frappe l’Australie depuis 2011, la mise en cause du dérèglement climatique fait l’objet d’un consensus scientifique.

Pour autant, on aurait tort de réduire ces débats, comme la multiplication d’études contradictoires à une simple lutte d’influence entre climato-sceptiques et théoriciens du réchauffement climatique.

En réalité, il semble que nous assistions à un phénomène plus profond : les modèles climatiques sur lesquels nous avons vécu depuis des décennies sont aujourd’hui périmés et ne parviennent ni à anticiper, ni à expliquer réellement les causes des épisodes extrêmes.  Des Pyrénées espagnoles à l’Est de la Chine, en passant par le Japon, l’Allemagne ou la Corée, 16 épisodes climatiques, qu’ils soient caniculaires ou porteurs d’averses anormalement élevées ont eu lieu en 2013.16

sécheresse en californie

 

 

 

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