L’agriculture, aussi victime des pollutions

On a souvent tendance à associer agriculture productiviste et rendement économique. En réalité,  l’agriculture intensive produit également des pollutions qui la menacent directement.

pollution de l'eau et agricultureAu cours d’un colloque organisé à la chambre d’agriculteurs en Alsace,  le directeur de l’Association pour la surveillance et la protection de l’air en Alsace, a ébauché un chiffrage économique des pertes engendrées par leurs propres pollutions.

Rapporté par le journal L’Alsace, il a estimé que les polluants générés par les agriculteurs (ozone, dioxyde de soufre, particules fines) engendraient des pertes qui s’élèvent à près de 800 millions d’euros pour les agriculteurs. « Pour les espèces les plus sensibles, les rendements peuvent chuter de 20 % » expliquait Joseph Kleinpeter, le directeur de l’Aspa.

Même si les agriculteurs ne sont pas les seuls responsables de la pollution, leur contribution reste majeure : ils émettent 30% des particules fines (type PM10) en Alsace, ainsi que 97% des émissions de méthane et d’ammoniac. Des pollutions qui nourrissent également le réchauffement climatique.  

Car au delà des pollutions directes, c’est bien le dérèglement climatique qui pourrait sérieusement menacer notre agriculture, voire notre chaîne alimentaire. Un rapport d’une ONG basée en Argentine, prévoyait ainsi qu’une hausse de 2,4 degrés de la température du globe, diminuerait de 10% les rendements des cultures de blé en France, en Italie et en Espagne. On estime qu’une telle hausse de la température se profile d’ici 2050.

Un autre facteur, souvent oublié,  concerne la dégradation des sols liés à l’usage de phytosanitaires. A force d’abuser des pesticides, on  a presqu’oublié que les insectes ne sont pas tous des parasites créés pour endommager les cultures. Il existe de nombreuses espèces d’insectes massivement détruites par les pesticides, alors qu’elles jouent un naturellement rôle essentiel dans la fertilité des terres, comme le rappelle un très bon article du Monde. Ainsi des papillons, dont la population a diminué de moitié en 20 ans ou des abeilles,  dont le déclin ont atteint 17% et 22% en 2010 et 2011. Or ces espèces jouent un rôle de pollinisation majeur pour l’écosystème.

Même scénario pour les lombrics ou une les invertébrés terrestres, voire même pour les microbes, qui nourrissent la formation des sols et le cycle des nutriments.

Sous prétexte d’augmenter les rendements, les produits phytosanitaires anéantissent massivement des espèces essentielles pour la fertilité des terres. Des services écologiques que ces espèces rendaient gratuitement, contrairement aux vendeurs d’engrais et de pesticides.

En résume, entre appauvrissement,  contamination des sols et réchauffement climatique, l’agriculture est en train de creuser son propre tombeau.

 

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