Quand la pluie dégrade l’eau potable

On croit souvent que les fortes pluies viennent purifier l’environnement. En réalité, le bon sens paysan n’a plus cours dans les régions agricoles : les  fortes averses, par un phénomène de lessivage, drainent les polluants stockés dans nos sols.

Dans un article intitulé « Fortes pluies : attention à la pollution de l’eau potable », la chaîne météo met en garde contre les pollutions bactériologiques générées par les précipitations dans certaines régions. « Le ruissellement s’accélère et entraîne dans la nappe et dans les rivières de nombreux éléments du sol : matière organique, divers dépôts d’origine naturelle, agricole et ou industrielle » expliquent les experts météos.

pluie et pollution de l'eau potable Ces  substances s’accumulent et s’infiltrent dans les nappes phréatiques, augmentant la turbidité de l’eau, ce qui favorise la prolifération de microbes dans l’eau. Plusieurs études ont en effet établi un lien entre la turbidité de l’eau et les épidémies de gastro-entérites. En décembre dernier, de fortes pluies ont provoqué une pollution de l’eau courante, entraînant des dizaines de cas de gastro-entérites dans les Pyrénées orientales. En Saône et Loire, le même phénomène a touché un petit hameau où une trentaine de personnes ont subi une contamination microbienne.

Au delà des épidémies localisées, on estime que 10% des gastro-entérites seraient liées à des contaminations bactériologiques de l’eau courante. On reconnaît une eau présentant une forte turbidité à sa couleur : l’eau devient trouble voire marron à la sortie du robinet, et présente un goût terreux ou de détergent.

Pour autant, si les contaminations bactériologiques sont très ponctuelles, des pollutions plus chroniques peuvent affecter la qualité de l’eau, que ce soit dans les régions agricoles ou industrielles.

Méfaits de l’agriculture intensive

Phénomène bien connu de la région Centre, le lessivage des sols provoqué par de fortes pluies peut contaminer notre eau en polluants agricoles. Les eaux de pluies viennent drainer les pesticides et nitrates accumulés, avant de s’infiltrer dans l’aquifère. Si l’on en croit la Nouvelle république du Centre, le phénomène est récurrent dans cette région, souvent épinglée par l’Agence régionale de santé pour la mauvaise qualité de son eau du robinet. Ainsi dans le Loir et Cher en 2013, cinq unités délivraient une eau non conforme en matière de pesticides, et 17 autres fournissaient une eau qui ne respectait pas les normes en matière bactériologique.

Même scénario en Haute Normandie, à la fin de l’année 2014, un rapport de l’Agence régionale de Santé pointait du doigt, la mauvaise qualité de l’eau distribuée. Dans la région, les excès d’engrais restent stockés dans les terres, avant d’être drainés par les pluies dans les cours d’eau ou les formations aquifères.  Résultat : 23 500 habitants ont été alimentés par une eau qui ne respectait pas les normes de conformité en matière de teneurs en nitrates.

Ce qui illustre finalement, une autre intuition du bon sens paysan : ce qui se trouve dans nos sols, finit toujours par se retrouver dans notre eau. Une évidence visiblement refoulée de la mémoire paysanne, par des années d’agriculture intensive.

 Voire le phénomène de dégradation des eaux  de pluie en en vidéo :

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