Et si on buvait l’eau des océans, une solution écologique ?

Confrontée à une pénurie d’eau douce, la Californie investit massivement dans le dessalement d’eau de mer. Est ce une solution efficace ?

dessalement de leau des ocean pour de leau potableDe l’eau à perte de vue. Mais rien de potable. Et si notre siècle conjurait le cauchemard des marins ? Cela fait des années que l’on sait dessaler l’eau des océans, soit pour notre consommation, soit pour l’irrigation. Mais jusqu’à présent cette solution était si coûteuse qu’elle était réservée à des Etats de l’hémisphère Sud, plutôt riches et arides, comme l’Australie, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, les Emirats ou Israël. On compte en effet pas moins de 16 000 unités de dessalement dans le monde, et le rythme de construction a déjà doublé depuis les années 2000.

Dans un contexte de sécheresse, cette solution gagne aujourd’hui les faveurs de la Californie, avec 17 projets d’usines de dessalement qui sont en train de voir le jour, apprend-on dans La Tribune. Alors que la baisse des réserves d’eau douce suscite des ruptures d’approvisionnement, la Californie envisage de générer 7% de son approvisionnement en traitant l’eau de l’océan Pacifique d’ici 10 ans. Vitrine de cette nouvelle technologie, une usine en construction à 45 km au large de San Diego devrait permettre de produire 50 millions de galons d’eau potable dès 2016 nous apprend CNN. L’eau sera potabilisée par distillation et permettra d’éliminer 99,9% du sel de l’eau de mer. La technologie n’est pas nouvelle, mais jusqu’à présent elle était considérée comme trop coûteuse, pour des pays de l’hémisphère nord qui disposent de ressources en eau abondantes.

L’eau de mer traitée devient rentable

De nombreux experts américains prévoient à moyen terme, un effet ciseau en matière de coûts. Autrement dit, le coût de production de l’eau douce qui se raréfie dangereusement tiendra à augmenter considérablement, quand celui de l’eau de mer dessalée devrait baisser. Actuellement, la ville de San Diego achète son eau – acheminée par viaduc en provenance du fleuve Colorado – 0,60$ le mètre cube nous apprend La Tribune. Les usines de dessalement permettent actuellement de produire de l’eau potable pour 1,10$ le mètre cube, soit un prix presque double, toujours selon le quotidien économique. Mais d’autres sources avancent un prix beaucoup plus bas dans les prochaines années, qui pourrait avoisiner les 0,50$ le gallon d’eau dessalée. Dans un contexte où le débit du fleuve Colorado baisse dangereusement, les coûts devraient rapidement se rapprocher. Certains prévoient que 10% des besoins en eau de la Californie pourraient venir du Pacifique d’ici 2030.

C’est donc le signe que cette technologie risque de s’imposer de façon spectaculaire dans l’hémisphère nord, et pourquoi pas en Europe, puisque la Californie a un climat qui ressemble beaucoup au climat méditerranéen.

Une solution miracle et écologique ?

Reste une question : le dessalement d’eau de mer est il la solution miracle contre l’épuisement des ressources en eau potable ? Cela fonctionne, mais autant dire que cela pose de nombreux problèmes écologiques. Trois grandes critiques sont faites aux usines de dessalement notamment par les militants écologistes de «Desal Alternatives» :

1/ Le dessalement par osmose inversée consiste à extirper le sel de l’eau de mer. Mais il rejette d’immenses quantités de sel dans l’Océan, sous la forme d’une eau résiduelle saumâtre très salée, considérée comme un véritable poison pour la vie marine par de nombreux scientifiques.

2/ Les usines à dessalement aspirent de nombreux organismes vivants (planctons, œufs et larves de poissons), ce qui menace également les aqua-systèmes locaux.

3/ Cette technologie consomme beaucoup d’énergies. Elle rejette des gaz à effet de serre, et contribue ainsi au réchauffement climatique, alors même qu’elle prétend combattre ses conséquences.

Des éléments qui conduisent de nombreuses associations environnementales américaines à les projets de dessalement, tout en défendant d’autres solutions comme la rationalisation de la consommation dans l’agriculture. Les solutions de dessalement sont devenues rentables, elles peuvent être utiles dans les pays arides de l’hémisphère sud. Mais tout laisse penser que même si elles deviennent économiquement viables dans l’hémisphère à moyen thermes, les dégâts engendrés dans l’environnement marin, pourraient nous coûter très chers à long thermes.

 

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